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MasterWorks Canadiens
Glenn Gould – Goldberg Variations / Bach – 1955 
“A performance of originality, intelligence and fire.” Tim Page
Il existait peu d’enregistrements de l’opus BWV 988 de Bach avant celui de Gould, incluant l’enregistrement complet de Wanda Landowska sur clavecin fait à Paris en 1931. Disque-culte aussi qui a longtemps été considéré comme la référence absolue. Landowska a de plus donné la première performance publique de l’œuvre en 1933. Près de vingt-cinq ans plus tard, Glenn Gould devait marquer à jamais l’histoire discographique de cette œuvre et entrer dans la légende. Il débuta et termina sa carrière sur disque en 1981 avec les Variations Goldberg.
Le 22 août 1982, quelques mois avant sa mort, Gould rencontre Tim Page (éditeur du Glenn Gould Reader) pour discuter de ses deux enregistrements des Variations. Gould, dans les extraits qui suivent, nous convie à partager sa lecture et sa vision (controversée) de la pièce maîtresse de sa carrière discographique. Il explique l’idée à la base de son interprétation, le concept de la continuité rythmique.
Jean-Pierre Sévigny
Glenn Gould –Propos et confidences
« J’ai une théorie, en tout cas vis à vis mon propre travail, ou quelque chose de moins grandiose qu’une théorie, disons une prémisse spéculative (…) Je pense que la grande majorité des musiques qui m’inspirent et m’affectent profondément sont celles que je veux entendre jouées, ou jouer moi-même, de façon illuminée, dans un tempo très volontaire, déterminé. (…) Un tempo ferme, un sens de la continuité rythmique a toujours été terriblement important pour moi. »
« Toute la musique qui m’intéresse, vraiment toute la musique, est une musique contrapuntique, soit le contrepoint de Wagner, ou Schoenberg, ou Bach (…) La musique qui m’intéresse surtout est inévitablement une musique dans laquelle les idées explosent simultanément, ce qu’est le contrepoint quand il est à son meilleur, et c’est par conséquent une musique où il faut reconnaître implicitement la qualité essentielle de ces idées. Il est donc logique de penser qu’une texture contrapuntique vraiment complexe doit être jouée de façon ferme et déterminée. »
« Je pense avec les années, qu’une œuvre de musique, peu importe sa durée, doit avoir un tempo de base, mais tempo n’est pas le bon mot, disons plutôt un pouls, un point d’ancrage, de référence rythmique constante. (…) On peut prendre un pouls de base et le diviser ou le multiplier, pas nécessairement sur une échelle de 2, 4, 8, 16, 32 mais avec des divisions moins évidentes, et prendre le résultat de ces divisions et multiplications pour en faire le pouls subsidiaire d’un mouvement ou section de mouvement. Et je pense que ceci n’exclut d’aucune façon le rubati (liberté d’allonger et de raccourcir la durée des notes). Si vous avez par exemple un accelerando ( passage rapide), vous pouvez simplement utiliser l’accelerando pour faire une transition entre deux aspects du même pouls de base. (…)
Et dans le cas des Variations Goldberg, il y a en fait un pouls, avec quelques modifications très mineures (…), qui bat dans toute l’œuvre. »
Entrevue avec Tim Page, 1982.

Liens
http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=Q1ARTQ0001410
http://www.glenngould.com/
http://www.collectionscanada.ca/glenngould/index-f.html
http://www.glenngould.ca/index.nn.html
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