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Alys Robi

© Jean-Pierre sévigny, 2005

*Il est difficile d’établir une chronologie précise des grandes années de la carrière d’Alys Robi, lorsqu’elle roulait à « deux cents nuits à l’heure. »  La littérature existante, basée avant tout sur son autobiographie et la biographie de Jean Beaunoyer, est fragmentaire. Chronologie incomplète donc, mais qui permet de mieux apprécier tout le chemin parcouru en seulement quelques années fébriles. 

1943

Alys Robi (AR) chante à l’Esquire de Montréal, elle y rencontre Lucio Agostini, le chef d’orchestre canadien de l’heure. Selon les témoins interviewés, l’homme avait un charme fou. Entre ces deux êtres passionnés et talentueux qui vivent pour la musique, c’est le début d’une relation intense et d’une collaboration artistique. Perfectionniste et carriériste lui aussi,  Lucio Agostini est chef d’orchestre et compositeur, il a déjà écrit plusieurs musiques de films. Grande vedette des émissions phares de la CBC de Toronto, le maestro dirige un grand orchestre de 30 musiciens et signe tous les arrangements.

Au cours de la Seconde Guerre Mondiale, AR chante dans plusieurs camps militaires au Canada. Elle devient la chanteuse fétiche des soldats..

Les offres se multiplient et AR décide de s’installer à Toronto pour être plus près de son travail et de Lucio. Elle loue un appartement luxueux d’une dame Shank.

AR participe à son premier grand spectacle au Forum de Montréal. L’humoriste américain Jack Benny y donne son spectacle dans un Forum rempli à pleine capacité. Les québécois craquent déjà pour l’humour. Benny lui accole le surnom de « Carmen Miranda du Canada.» Depuis, on compare toujours Alys Robi à Carmen Miranda. Dans l’esprit des amateurs, quelques chansons unissent ces deux chanteuses pour toujours : Brésil, Tico-Tico, Chica Chica Boum Chic. Pourtant, les deux interprètes sont aux antipodes. Tout diffère : la tessiture de la voix, l’interprétation, la diction, le style vocal.

AR chante à l’émission radiophonique Rhapsody Americana produite à Montréal. Elle participe aussi à l’émission Sunday Night Show et à la série Spotlight

1944

Alys Robi se hisse jusqu’aux sommets. Pendant cette année, elle participe à de nombreuses émissions de radio fort connues en Amérique et en Europe. Radio-Canada International diffuse à l’étranger. Elle se produit à Montréal, Toronto, New York, Londres et Paris. 

AR conclut une entente avec l’éditeur et promoteur américain Ralph Sylvester Peer qui, grâce à ses contacts, l’aide à organiser des tournées en Europe. La chanteuse et son éditeur / imprésario flairent une brillante carrière internationale. Peer dirige une maison d’édition qui publie, entre autre, les succès des compositeurs sud-américains :Lara, Barroso, Ruiz, Lopez, etc., qu’Alys interprète avec tant de brio.  Peer a fait fortune comme éditeur, promoteur et agent. Il sait repérer le talent. En 1927, il se rend dans le deep South des États-Unis et découvre la Famille Carter et Jimmie Rodgers, les premières figures mythiques de la musique country. 

AR remporte le trophée Laflèche décerné à la chanteuse de l’année.

AR reçoit le titre d’ « ambassadrice du bon accord »  (bonne entente entre les francophones et anglophones du Canada) décerné par l’Université Laval. Alys, en effet plaît dans les deux cultures. Elle est sans doute, à cette époque,  la chanteuse nationale du Canada. Elle incarne dans son art, la chanson, ce que Gabrielle Roy incarne dans la littérature : un écrivain qui transcende les « deux solitudes. »

AR débute dans  Latin American Serenade, une série d’émissions radiophoniques très populaires de la CBC de Toronto. Les émissions sont enregistrées sur disques transcription. Ces disques sont distribués aux États-Unis, en Amérique du Sud et en Europe, ouvrant la voie à sa carrière internationale.

AR participe aux émissions radiophoniques de la NBC à New York : The Contented Hour, Jack Smith Show et Carnation Hour, où elle côtoie le célèbre humoriste Jack Benny. Elle travaille avec les chefs d’orchestres David Rose et Percy Faith, qui sont du calibre de Lucio Agostini, son mentor et maestro fétiche. Elle chante aussi à l’émission Parade of Stars de CJBC, Toronto.

Décembre. Grâce aux contacts de Lucio Agostini, AR grave ses premiers disques aux studios RCA de New York. Tous les moyens sont mis à sa disposition : arrangeurs, réalisateurs et grand orchestre. Ressources optimales, technologie de pointe: les résultants sont probants. Ces enregistrements demeurent parmi les plus importants de la discographie québécoise.

AR est à New York et chante dans les grands cabarets de Manhattan :  Latin Quarter, Blue Angel et Copacabana.

Londres. AR participe aux populaires émissions radiophoniques : Accordeon Club et Carl Lewis Show et présente son tour de chant au très sélect cabaret Orchid Room de Mayfaire Square. Ce séjour en Angleterre sera déterminant pour les trois années suivantes de sa carrière, devenue internationale.

AR chante à Paris, sous l’occupation, au cabaret Chez Maxime et fait la rencontre de Maurice Chevalier. Elle se rend seule sur la Côte d’Azur, en Suisse et en Hollande.

1945

Première québécoise à remporter le trophée Beaver décerné à la meilleure chanteuse canadienne.

Participe à l’émission inaugurale de Radio-Canada International de Toronto. 

Tour de chant à l’Esquire et au El Moroco de Montréal.

Nouvelle émission à la CBC de Toronto avec Lucio Agostini: Dream Time.

Printemps 1945. AR part à la conquête du Mexique, un des terreaux de cette musique latine qui excite son imaginaire et qui fait sa gloire. Elle travaille avec Gabriel Ruiz, le légendaire compositeur mexicain dont elle adapte les plus célèbres mélodies. Elle chante régulièrement  sur les ondes de XEW, Mexico, et se produit pendant quatre mois au célèbre cabaret Cyros. Elle a une liaison avec le riche charmeur Guillermo Gonzalez Camarena, mais refuse de l’épouser. Elle est déjà mariée … à sa carrière et pense encore à Lucio Agostini.

Mars 1945. Nouvelle session d’enregistrement pour RCA Victor à Montréal.

Juin 1945. Autre session d’enregistrement pour RCA Victor à New York ?

Septembre 1945. Sollicitée par l’industrie cinématographique (on ignore la maison de production), AR se rend à Hollywood pour un premier essai. Le fameux « screen test » tant convoité. Hypothèse : MGM cherchait une chanteuse « latino » qui pourrait se mesurer à la diva brésilienne de la Fox, Carmen Miranda. Les deux divas se seraient rencontrées au cours d’une réception.  

Novembre. AR chante au Forum pour le Gala des artistes, concert donné au profit des artistes de théâtre et d’art lyrique

Décembre. AR est en vedette dans la revue humoristique Ça atomiqu’t’y? d’Henri Deyglun créée au Monument National de Montréal

1946

Février. Présentation de la revue Ça atomiqu’t’y? au Palais Montcalm de Québec

AR se serait rendue à Hollywood pour un deuxième essai. Elle aurait été impliquée dans un accident d’auto et aurait subit un traumatisme crânien qui provoqua plusieurs effets secondaires : pertes de mémoire, évanouissements. La maison de production retire alors son offre. 

AR chante à l’émission Canadian Cavalcade diffusée à Toronto.

AR s’installe à New York pour une période indéterminée et désire orienter sa carrière vers le marché américain. Elle obtient plusieurs engagements dans les cabarets fashionables de New York et de la côte-est et participe à plusieurs émissions radiophoniques.    

Session d’enregistrement au studio RCA Victor de Montréal.

Participation au Gala La statue fragile présenté au Théâtre Saint-Denis.

Printemps et été. Participation à la série Let There Be Music de la CBC de Toronto, un cycle d’émissions hebdomadaires conçu par Lucio Agostini qui signait tous les arrangements et dirigeait l’orchestre.

AR collabore à l’émission  À ceux qui reviennent de CKAC, et contribue à sa façon à l’intégration des soldats à la vie civile.

1947

AR chante à l’émission le Prix d’héroisme Dow diffusée à CKAC tous les lundis soirs.

Tour de chant au Capitol de Québec ainsi qu’à l’Esquire et au El Moroco de Montréal.

Fin juillet. Alys Robi, la chanteuse canadienne de l’heure, est invitée par la BBC de Londres, qui a repris la télédiffusion après la guerre, pour participer à quelques émissions de variétés. En cet fin d’été 1947, Alys Robi vit intensément, au centre du monde, ce qui s’avérera être son dernier moment de gloire. Elle a 24 ans. Minée par le rythme de vie infernal qu’elle s’est imposée, déprimée, agitée, elle se rend quelques mois plus tard à l’Institut Albert Prévost de Montréal pour prendre du repos. Le soleil se couche sur la fulgurante carrière d’Alys Robi. Nul ne peut prévoir, même Alys Robi, ce qui adviendra de la petite et fragile Alice Robitaille.  

Jean-Pierre Sévigny